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Fin de la fluoration à Beaupré

 

 


«Doit-on traiter 100 % de l’eau pour 1 % qui est bu?» -  M. Paré.

 


 

Fin de la fluoration à Beaupré

Beaupré dit non au fluor

Publié le 17 Septembre 2010, Marc Cochrane

Dossier controversé au Québec

Comme la fluoration de l’eau constitue un sujet qui sème la controverse au Québec, le conseil municipal de Beaupré a décidé de ne pas fluorer l’eau produite par l’usine d’eau potable.

Les élus ont statué dans ce dossier lors de leur réunion régulière du 16 août. En novembre 2009, le conseil nouvellement élu a adopté un moratoire sur la mise en application de la fluoration de l’eau potable. «Nous voulions prendre le temps de connaître les tenants et aboutissants de ce dossier et rencontrer les représentants de la Direction de la santé publique du Québec, avant d’arrêter une décision finale», explique le maire de Beaupré, Michel Paré.

Des avis partagés

Selon M. Paré, la communauté scientifique est divisée. Les uns prônent les vertus de la fluoration comme une mesure de santé publique efficace et sécuritaire qui a pour but d’améliorer la santé dentaire de la population. Les autres mettent en garde les élus contre les effets négatifs, notamment chez les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les petits animaux. Certains y voient une substance toxique dont les effets sur l’ensemble de l’organisme ne sont pas encore très bien connus.

Peu d'adeptes

Le maire ajoute que, malgré les efforts pour convaincre les municipalités de fluorer l’eau, moins d’une vingtaine d’entre elles sur les 1109 que compte le Québec ont suivi les recommandations de la Direction de la santé publique. Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, le programme de la fluoration de l’eau potable rejoignait en date du 17 mai 2010 seulement 215 885 personnes au Québec. Les stations de production d’eau potable possédant un traitement de fluoration desservent ainsi moins de 3 % de l’ensemble de la population québécoise.

Une faible pourcentage de consommation

Les statistiques démontrent que seulement 1 % de l’eau potable est utilisée pour la consommation humaine. C’est dire que 99 % de l’eau potable est utilisée pour les toilettes, les douches, lave-vaisselle, laveuse à linge, arrosage, piscine, pour ne nommer que ceux-ci. Un fort pourcentage de l’eau potable est donc retourné à la station de traitement des eaux usées. «Doit-on traiter 100 % de l’eau pour 1 % qui est bu?», s’interroge M. Paré.

Question d'éthique

Guidé par le principe de précaution, le conseil municipal n’a aucune intention de contraindre les citoyens de Beaupré à boire de l’eau fluorée contre leur gré. Pour lui, c’est une question d’éthique. «Ce débat ne relève pas de la compétence du conseil municipal. Le Gouvernement du Québec est responsable de légiférer en matière d’eau potable et de santé publique. S’il veut obliger la population à boire de l’eau fluorée, il n’a qu’à l’exiger dans ses normes», d’expliquer le maire de Beaupré. «Le gouvernement n’a pas l’habitude de se gêner pour imposer de nouvelles obligations aux municipalités. On le voit présentement avec le débat sur le projet de loi 109 concernant la Loi sur l’éthique et la déontologie en matière municipale. Pour l’eau potable, il tente de refiler le débat sur le dos des municipalités. Nous refusons cette délégation de responsabilités», soutient M. Paré.