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Censure au Musée de la civilisation à Québec

Un conteur est exclu d'une exposition pour avoir dénoncé des vérités qui dérangent, dont la fluoration de l'eau

Le conteur professionnel Bernard Grondin a osé vouloir souligner comment le Maire de Québec Régis Labeaume a répondu à une mère préoccupée pour ses enfants en raison de fluoration de l'eau. Labeaume lui a sèchement répondu que, de toutes manières, lui ne prenait que de l'eau embouteillée pour les biberons de ses enfants...  Pour la mémoire, bien que le Maire Labeaume ait publiquement reconnu ne rien savoir sur la fluoration, il n'a pas hésité à vouloir l'imposer à tous les citoyens de la ville de Québec. De plus, il a dénoncé l'arrêt de la fluoration à Québec comme étant l'oeuvre des "éco-terroristes". La ville de Québec a mis fin à la fluoration en avril 2008. 

C'est donc au Café Babylone que Bernard Grondin présentera au public son conte sur la colère le 7 avril, en version originale non censurée et agrémentée d'une nouvelle partie qui traitera de ses déboires avec le Musée de la civilisation.

Voir aussi: L'entrevue vidéo avec Bernard Grondin sur TQS: Cliquez ici.


 

Musée de la civilisation:

un conteur exclu d'une exposition crie à la censure

Le conteur Bernard Grondin clame que son oeuvre a été retirée parce qu'elle écorchait des politiciens et le Mouvement Desjardins.

(Photo: Le Soleil, Patrice Laroche)

 

Ian Bussières

Le Soleil, le 23 mars 2009

(Québec) Après avoir travaillé durant un an à cette oeuvre avec six autres conteurs, Bernard Grondin crie à la censure depuis que les autorités du Musée de la civilisation l'ont informé que son conte sur la colère serait exclu de l'exposition sur les sept péchés capitaux qui doit débuter cet automne.

«J'avais pourtant eu carte blanche quand le Musée m'a engagé et on savait que je pouvais égratigner des hommes politiques au passage mais en bout de ligne, on a quand même résilié mon contrat», déplore le conteur, reconnu pour son style un peu iconoclaste, avouant qu'il a toutefois reçu la totalité du cachet de 9000 $ prévu au contrat. Grondin prétend que le fait que son oeuvre comporte des références au maire Régis Labeaume et au Mouvement Desjardins est la raison principale de cette mise à l'index.


«Le fondateur Alphonse Desjardins avait fondé les caisses pour aider les pauvres à s'en sortir... pis là, les caisses les enfonçaient un peu plus dans la misère», déclare entre autres Grondin dans son oeuvre en parlant des frais bancaires perçus par les caisses.


«Monsieur le président, j'suis un père de famille, j'en ai vu des biberons, j'en ai vu pas mal d'ailleurs. Et d'ailleurs, monsieur le président, quand vous êtes père de famille pis vous jouez des biberons, y a une affaire que vous faites, vous prenez de l'eau pure de toute façon, hein!», ajoute-t-il un peu plus loin en imitant le maire Labeaume dans une tirade concernant la fluoration de l'eau.


Labeaume, Sarkozy, Chrétien...

«L'une des premières choses que le Musée a voulu me faire retirer, c'est le nom du maire Labeaume! On prétendait que c'était du libelle diffamatoire alors que ce n'était pas le cas. J'aurais dû refuser toute censure dès le départ mais j'ai choisi de le rebaptiser "le maire Baboune"! J'ai aussi retiré les références à Nicolas Sarkozy, à Jean Chrétien, à Paul Martin et à Paul Desmarais à la demande du Musée», explique le conteur.


Malgré tout, selon lui, la responsable du projet au Musée de la civilisation, Cécile Ouellet, n'était toujours pas satisfaite. «La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est quand on m'a demandé de retirer la référence à Desjardins. J'ai compris que c'était parce qu'ils étaient en pourparlers pour une commandite. Ça devenait intolérable, je me demandais si ce conte était encore le mien!», poursuit-il.


Quelques semaines plus tard, Bernard Grondin était informé de la résiliation du contrat. «On ne m'a jamais donné de raison pour la résiliation, sauf verbalement, alors qu'on m'a dit que c'était en raison d'une incompatibilité avec Mme Ouellet. Si c'était vraiment le cas, ils auraient dû l'écrire et il y aurait eu conciliation. Je crois plutôt qu'il s'agit de censure.»


Puisqu'il a été payé en entier, ce n'est pas pour des raisons financières que le conteur tient à présenter son histoire sur la place publique, mais bien parce qu'il souhaite que son oeuvre, dans laquelle il a investi beaucoup de temps, soit enfin entendue.


Présentation dans un café


«J'ai toujours un mince espoir que l'opinion publique amène le Musée à changer son fusil d'épaule. Entre-temps, j'ai bien l'intention de présenter mon oeuvre même si mon contrat stipule que le Musée de la civilisation détient tous les droits sur le conte pour cinq ans, et ce, même s'ils ne l'utilisent pas!», poursuit-il.


C'est donc au Café Babylone qu'il présentera au public son conte sur la colère le 7 avril, en version originale non censurée et agrémentée d'une nouvelle partie qui traitera de ses déboires avec le Musée de la civilisation.


«Il m'en coûterait 10 000 $ en frais d'avocat pour faire valoir mes droits en Cour supérieure. Ça ne vaut pas la peine. J'ai plutôt choisi de répondre par la bouche de mes contes», conclut-il. Personne de la direction du Musée de la civilisation n'était disponible hier pour répondre aux questions du Soleil.