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Le débat sur la fluoration est mal engagé

Article publié dans Le Soleil, le vendredi 28 mars 2008

 

André Bouthillier

Président

Coalition québécoise pour une gestion responsable de l'eau — Eau Secours!

 

(Au maire Régis Labeaume) — Monsieur le maire... un peu de baume sur les étiquettes, je vous en prie! Au sujet de la fluoration de l'eau à Québec, la lecture des récents journaux est loin de nous avoir édifiés. Vous accusez l'opposition de faire du «Terrorisme écologique» «Honte au Renouveau municipal». Qu'est-ce que ce langage? Y a-t-il eu mort d'homme? Serions-nous en pleine démagogie? À cet égard, nous pourrions vous qualifier de «terroriste économique», à vouloir continuer à fourguer aux citoyens et citoyennes de Québec des résidus que l'industrie de l'aluminium souhaite rentabiliser. (Note d'AFQ: bien que le fluorure ajouté à l'eau potable du Québec était autrefois in résidu de l'industrie de l'aluminium, il provient désormais des résidus émis par l'industrie des engrais phosphatés de la Floride. Des information plus récentes suggèrent qu'il proviendrait également de la Chine -à confirmer-, en raison d'une pénurie de ce produit.)

Allons! Croyez-vous vraiment que les débats doivent se faire ainsi, seriez-vous dans le camp de certains hockeyeurs : à défaut de gagner sportivement, nous les battrons aux poings ou aux mots...?

Le débat à Québec est mal engagé et voilà pourquoi l'opposition a raison. Ce genre de décision doit se prendre au niveau provincial. Qu'est-ce qui a bien pu piquer la Santé publique du Québec pour se lancer dans cette histoire municipale? (Ses dirigeants) ne sont-ils pas très occupés avec l'épidémie de cancer à Shannon, ont-ils terminé l'analyse de la santé des résidants de Roxton Pond qui ont bu de l'eau aux hydrocarbures pendant 30 ans, ont-ils terminé l'analyse des puits artésiens de Chaudière/Appalaches et leur niveau cancérigène de nitrite-nitrate et où en sont-ils avec leur campagne de peur à propos du plomb dans les tuyaux des aqueducs, pas dans les résidences privées et pas dans toutes les villes?

Ici, à Eau Secours! nous savons au moins une chose : le dossier est provincial, comme celui de la malbouffe, comme celui du cancer, comme tous ces dossiers que des ministres en mal de coupures de budget tentent de refiler aux «Villes et villages en santé».

On veut nous faire pleurer avec les enfants pauvres qui auraient trop de caries? Que dit monsieur le ministre de la Santé à propos de tous les enfants qui boivent de l'eau et dont les résidences ne sont pas raccordées à un réseau d'aqueduc de ville? On les laisse tomber… comme l'ont fait les politiciens qui ont aboli le système de soins dentaires pour tous (universel). Dès lors, les enfants pauvres et leurs parents ont été laissés à eux-mêmes.

La Coalition Eau Secours! n'est pas prête pour l'instant à recommander la fluoration. Nous examinons présentement ce sujet de façon très approfondie. Déjà nous savons que la consommation résidentielle ne représente qu'un pourcentage de la consommation d'eau totale. Et, sur le plan de la consommation résidentielle, moins de 1% de l'eau destinée à la résidence est bue ou utilisée pour l'alimentation. L'eau sert à 30% pour la toilette, à 30% pour l'arrosage et la piscine, à 20% pour le lavage des vêtements et de la vaisselle et à 19% pour les bains et douches. Est-ce que cela vaut la peine de rajouter un autre produit chimique pour un très petit pourcentage d'utilisation?

Il faut également tenir compte de tous ceux qui se brossent les dents et pour qui cet ajout n'est pas nécessaire de même que de tous les impacts de la fluoration sur la faune et la flore. Bref, nous sommes loin d'être convaincus que c'est la bonne solution pour régler le problème dentaire de la population à risque. Ceux qui vendent le fluor sont assurément ceux qui ont le plus à gagner. Et, que dire de la rumeur relative à l'intérêt dans ce dossier des producteurs d'aluminium, qui sont les principales sources de rejet de fluor dans l'environnement?

Au lieu de dépenser des centaines de milliers de dollars sur une base annuelle pour fluorer l'eau, les municipalités devraient peut-être suggérer au ministre Couillard de tenter de sensibiliser les services de garde des écoles gérés par le ministère de l'Éducation qui interdisent le brossage des dents aux enfants à l'heure du lunch et, pourquoi ne pas offrir des brosses à dents et des tubes de pâte dentifrice aux familles dans le besoin! Ce serait trop simple!

D'ici une décision provinciale, monsieur le maire, je vous demande de pondérer vos épithètes à l'égard de vos concitoyens.

 

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