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Québec pourrait imposer la fluoration de l'eau

 

 

 

 

Québec pourrait imposer la fluoration de l'eau

Source: Journal Le Devoir 2011-09-14:
 
Amélie Daoust-Boisvert   14 septembre 2011

Pour lutter contre la carie dentaire, Québec devrait obliger les municipalités à ajouter du fluor à l'eau potable, tranche le Comité d'éthique de santé publique (CESP). Cette mesure, en recul, semble bien impopulaire auprès des villes.

Le CESP penche donc en faveur du projet soumis par le directeur national de la santé publique Alain Poirier visant à modifier le Réglement sur la qualité de l'eau potable. Relevant du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, ce règlement pourrait être modifié afin d'obliger les municipalités de 5000 habitants et plus à s'assurer que leur eau contient au moins 0,7 mg/L de fluor.

Le CESP propose d'imposer la fluoration aux dix plus grandes villes du Québec d'abord, afin de rejoindre 47 % de la population, puis d'étendre la réglementation en deux étapes aux villes de 50 000 habitants et plus, suivies par celles de plus de 5000 habitants. Ainsi, 75 % des Québécois auraient accès à une eau fluorée.

Dans le Plan d'action de santé publique 2005-2012, la cible de Québec était que 50 % de la population ait accès à de l'eau potable avec une concentration optimale en fluorure pour 2012. Mais elle semble bien irréaliste alors que la fluoration est en net recul. Alors que 12 % de la population buvait de l'eau fluorée en 1993, en 2010, seulement 3 % des Québécois y avaient accès.

En 2008-2009, le directeur de la Santé publique Alain Poirier a effectué une tournée des municipalités pendant laquelle, selon l'avis du comité d'éthique de l'INSPQ, «plusieurs maires ont exprimé le souhait de ne pas avoir à porter politiquement la décision de fluorer leur eau». «Il semble que la pression des groupes organisés contre la fluoration soit particulièrement efficace au niveau municipal», écrit encore le comité.

D'ailleurs, la Ville de Montréal, qui ne fluore pas l'eau, dit qu'il appartient à Québec de trancher la question et ne souhaite pas commenter cet avis, a indiqué le porte-parole de la ville Philippe Sabourin au Devoir. Advenant que Québec aille de l'avant, la métropole serait une des premières municipalités à devoir se soumettre à la nouvelle réglementation selon le principe d'implantation graduelle proposé par le CESP.

La question de la fluoration de l'eau a soulevé de vifs débats au Québec ces dernières années. Le CESP est bien conscient que sa proposition ne fera pas l'unanimité. «On est conscients que ça va soulever un débat», dit le président du CESP, André Lacroix. Même si «la fluoration [...] se fera contre la volonté d'une partie de [la population]», le comité conclut que «les bénéfices sont plus importants que les potentiels effets négatifs sur la santé et l'environnement», ce qui justifie un «accroc à la liberté de choix».