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Rejet de la fluoration à Longueuil

 

 


« En raison d’une absence de consensus relativement à cette pratique, l’agglomération de Longueuil maintiendra le statu quo quant au traitement de l’eau destiné au réseau d’aqueduc.»

 


 

Rejet de la fluoration à Longueuil

Steeve Mercier

Actualités - Publié le 31 janvier 2009 à 09:00

La vice-présidente de la Commission de l’environnement et de l’aménagement de l’agglomération de Longueuil, Monique Gagné, déclare que «plutôt que de déplaire à certaines personnes qui sont contre cette mesure, nous préférons laisser à chacun le soin de voir à la fluoration des dents des enfants»

LONGUEUIL. L’ajout de fluor dans l’eau potable ne sera pas pour demain. En raison d’une absence de consensus relativement à cette pratique, l’agglomération de Longueuil maintiendra le statu quo quant au traitement de l’eau destiné au réseau d’aqueduc.

La campagne menée au cours de la dernière année par la Direction de la santé publique (DSP) de la Montérégie en faveur de la fluoration demeurera donc sans suite. «Plutôt que de déplaire à certaines personnes qui sont contre cette mesure, nous préférons laisser à chacun le soin de voir à la fluoration des dents des enfants», confirme la vice-présidente de la Commission de l’environnement et de l’aménagement de l’agglomération de Longueuil, Monique Gagné. Cette dernière rappelle que certaines municipalités où l’eau était fluorée ont récemment choisi de mettre un terme à cette pratique, dont la Ville de Québec.

La Commission de l’environnement et de l’aménagement estime par ailleurs que la question de la fluoration est de «nature politique et qu’il appartient aux gouvernements de la faire progresser, si c’est un besoin essentiel pour la population». Les coûts inhérents à l’ajout de fluor n’ont toutefois pas fait l’objet d’études spécifiques et n’ont pas été considérés parmi les arguments qui ont pesé dans la balance.

Déception

La DSP, qui avait rencontré à deux reprises les autorités de l’agglomération dans ce dossier, s’est évidemment dite déçue par cette décision. «Longueuil a réagi comme plein d’autres grandes municipalités où les gens disent qu’il devrait y avoir une réglementation par le ministère de la Santé plutôt que de demander à chacune des villes de s’impliquer», indique Dre Jocelyne Sauvé, directrice de la Santé publique régionale. Pour l’heure, aucune autre démarche structurée visant à persuader de nouvelles municipalités à recourir à la fluoration de leur eau n’est prévue. La DSP dit attendre la stratégie à venir du ministère de la Santé.

Huit municipalités y ont recours

Au total, huit municipalités de la Montérégie ont actuellement recours à la fluoration de l’eau, dont celles de Châteauguay, Verchères et La Prairie. Selon le ministère de la Santé, les enfants fréquentant les écoles des secteurs fluorés ont normalement de 30 à 40% moins de caries que ceux des secteurs non fluorés. Outre l’impact positif sur les dents des enfants, il est également scientifiquement reconnu que le fluor protège aussi les personnes âgées qui, de plus en plus, conservent leurs dents et sont particulièrement vulnérables aux caries de racine. Si la fluoration de l'eau potable a pour avantage de rendre l'émail des dents plus résistant aux attaques bactériennes qui causent la carie dentaire, certains y sont opposés et soulèvent des questions quant aux effets à long terme qu’aurait cette mesure sur la santé.