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Première poursuite contre le programme de la bombe atomique – cultures de pêches ruinées

Les agriculteurs réclament $400 000

 
Voici un article publié dans le journal Philadelphia Record en 1946 qui mentionne la première poursuite contre le programme atomique des États-Unis intentée par des agriculteurs qui ont vu leurs cultures ruinées par des émanations de gaz fluoré. Une enquête de ceux-ci leur a permis de découvrir que ces émissions gazeuses provenaient d'usines affiliées à la production des bombes atomiques.

Le gouvernement américain de l'époque a tout fait pour ne pas reconnaître sa responsabilité. Il a aussi minimisé la toxicité des émanations de gaz fluoré et a, par la suite, de concert avec des compagnies productrices de pollution fluorée, proposé de recycler le fluorure toxique afin qu'il soit désormais utilisé pour la ''prévention de la carie dentaire''. Cela a mené à un vaste programme de promotion du fluorure et de la fluoration de l'eau. De nos jours, environ 70% des Américains boivent de l'eau municipale fluorée. 

Voir aussi:

- Le fluorure, les dents et la bombe atomique: Cliquez ici

- Les effets nocifs du fluorure connus depuis au moins 1944: Cliquez ici.

- Fluor au Canada: l'influence néfaste des américains?: Cliquez ici.

- Entrevue avec Christopher Bryson (anglais): Cliquez ici.

Adaptation française: Action Fluor Québec

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Première poursuite contre le programme de la bombe atomique – cultures de pêches ruinées - Les agriculteurs réclament $400 000

Philadelphia Record

18 octobre 1946

Hier, une douzaine de propriétaires de Salem County (N.J.) ont blâmé le programme atomique d'avoir ruiné leur récolte de pêches de la saison 1944.

Et – ils sont sérieux

Ainsi, ils ont initié une poursuite légale devant la Cour suprême du New Jersey pour la somme de $400 000, pour être dédommagés de leurs pertes. Sont nommés dans la poursuite – la première de ce genre – trois fabricants de produits chimiques, parmi ceux-ci des produits servant à la fabrication des bombes atomiques.

Ce sont les compagnies E.I. duPont de Nemours, qui a une usine à Deepwater, Salem County, ainsi que Sun Oil et General Chemical, toutes deux de Marcus Hook, Pa.

La plainte en équité ne mentionne pas directement la bombe atomique, mais attribue les dommages au fluorure d'hydrogène et à l'acide hydro-fluosilicique.

Les émissions retracées jusqu'à l'usine

Cependant, William C. Gottshalk, Camden, l'avocat représentant les agriculteurs, soutient que l'an dernier, les chimistes enquêtant sur l'origine de la fumée de fluorure d'hydrogène autour de Deepwater ont découvert que l'uranium libre, le produit de base pour les bombes atomiques, était fabriqué à l'usine de duPont. Lorsque l'existence de la bombe a été révélée publiquement, les annonces officielles ont attribué une partie du mérite à la compagnie duPont, pour avoir participé à son développement.

En décrivant duPont comme le "chef des délinquants", Gottshalk a ajouté:

"Lorsque nous avons commencé à avoir des problèmes, nous sommes allés voir la compagnie duPont et nous n'avons obtenu de leur part que des demi-vérités. Finalement, nous avons découvert qu'un procédé secret étaient en cours, procédé impliquant le gouvernement des États-Unis."

Le gouvernement a plaidé en invoquant le secret en temps de guerre, a-t-il dit, sur quoi il chargea Samuel P. Sadtler & Sons, des chimistes de Philadelphie, de découvrir la source de la plaie qui détruisait les pêches, causant la chute des feuilles des végétaux et tuant les arbres dans certains cas. Les chimistes ont retracé l'uranium jusqu'à duPont.

Countre-espionnage

"Puisque nous sommes patriotiques, nous n'avons rien dit à quiconque à l'exception de duPont", dit Gottshalk, "et en retour le gouvernement, qui a été informé par la firme, nous a envoyé un officier du contre-espionnage. Nous avons retardé notre action jusqu'à ce que l'existence de la bombe atomique soit dévoilée publiquement."

La poursuite nomme le nom des firmes de la Pennsylvanie comme la source des émissions additionnelles qui ont traversé la rivière Delaware et ont contribué  aux dommages des vergers.

On allègue que General Chemical fabrique le fluorure d'hydrogène et l'acide hydrofluosilique, et que Sun les utilise ensuite comme catalyseurs dans le processus d'hydrogénation ''cracking'' des hydrocarbures (Ndt: chauffage intense) employé dans le raffinage de l'essence.

Les plaignants, tous des résidents de la commune de Oldmans dans le compté de Salem, sont Erwin S. Cunard, Edwin S. et Richard Kille, James A. Johnston, Emma Doughton, administratrice du domaine de Clarence Doughton; Charles H. Garrison, Jr., et Mildred M. Garrison; Albert Munyon, John Gounaris, James B. Dietrich, John Glordano, William Darlington, J. Davis Huber et Walter E. Freed.

Pour en savoir plus sur cette poursuite légale: Cliquez ici.