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Réponse à la révision de Santé Canada de 2009

par C. Clinch

 

En septembre 2009, Santé Canada a publié un rapport sur la fluoration de l'eau qui se veut une révision de la littérature scientifique sur la fluoration.  Comme plusieurs autres documents gouvernementaux, ce rapport comporte de nombreuses lacunes et conclut que l'eau fluorée est sûre et efficace.  Voir le rapport de Santé Canada Le fluorure dans l'eau potable: Cliquez ici. 

 

En fait, ce rapport diffère peu des rapports similaires publiés par plusieurs gouvernements pro-fluorure: américain (DHHS, 1991), irlandais (Fluoridation Forum, 2000), britannique (MRC, 2002; South Central SHA, 2009), australien (NHMRC, 1991, 1999, 2007) et néo-zélandais.  Le rapport de Santé Canada est basé sur un énoncé antérieur et peu convaincant d'à peine 5 pages écrit par un 'comité d'experts' en 2008.  Voir le rapport de 5 pages: Cliquez ici.

 

Les citoyens ont jusqu'au 27 novembre pour envoyer leurs commentaires à Santé Canada au secrétariat du Comité fédéral-provincial-territorial sur l'eau potable, les auteurs du rapport: water_eau@hc-sc.gc.ca 

 

- Vous pouvez lire ici la réponse complète de Carole Clinch, coordinatrice de recherche pour People for Safe Drinking Water, une organisation basée en Ontario, en réponse à révision de Santé Canada.  

- Vous pouvez aussi lire la lettre abrégée de C. Clinch : Cliquez ici.

et la liste des omissions qu'elle a recensé (anglais) : Cliquez ici

- Lisez la réponse du Dr Connett, directeur du réseau FAN: Cliquez ici.

 

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Réponse à la révision de Santé Canada de 2009

Par Carole Clinch BA, BPHE, Safe Dinking water
Adaptation française: Action Fluor Québec

caclinch © 2009

Table des matières

Introduction...................................................………………………………........2

Manque d’expertise dans l’évaluation du risque...................……………........2

Suppositions erronées dans l’évaluation du risque.................…………….......4

La méthode scientifique élémentaire n’a pas été respectée....…………….......6

Manque d’objectivité................................................................……………...….6

Deux poids deux mesures.................................................………..……………..6

Explications erronées de Santé Canada en réponse aux demandes.................6

Santé Canada dénature la révision du NRC 2006……………………………..7

Santé Canada dénature la position de l'Organisation mondiale de la santé ...9

Santé Canada sème la confusion entre concentration et dose………………...9

Omissions........................................................................................…………......10

Le panel de Santé Canada omet des études publiées...............................….....10

Omission de faits substantiels..................................................................……….11

Omission de recherches publiées et disponibles....................................……......12 Conclusions................................................................................……………..…...13

Addendum: Omissions

 

Introduction

La dernière révision de Santé Canada, une mise à jour du document de 1996 concernant les Recommandations pour la qualité de l'eau potable au Canada (RQEPC), intitulé “Le fluorure dans l'eau potable”, est maintenant disponible. Le public est désormais invité à envoyer ses commentaires au gouvernement canadien à l'adresse suivante:

water_eau@hc-sc.gc.ca

Suite à la publication des données probantes contenues dans le rapport du Conseil national de la recherché scientifique des États-Unis (National Research Council, NRC) de 2006, intitulé Review on Fluorides in Drinking Water, et suite aux recherches subséquentes, il est impératif que la politique canadienne sur la fluoration artificielle de l’eau soit revue avec toute la rigueur scientifique et objectivité qui lui est due.

Lorsque arrive le moment de formuler des politiques gouvernementales payées à même les taxes des contribuables, les Canadiens s’attendent à une présentation de la littérature scientifique qui soit précise, équilibrée et à jour.

Or, cette révision N’EST PAS le reflet de “toutes les études disponibles à ce jour”, contrairement à ce qui est énoncé. Puisqu’un grand nombre d’études sont omises sans justification valable, cette révision ne peut prétendre représenter “le poids de la force probante” de toutes les données scientifiques disponibles.

 

Manque d’expertise dans l’évaluation du risque

L’expertise requise à une évaluation solide des risques associés à la fluoration de l’eau fait défaut au sein du panel de révision. Cela s’explique par le fait que 4 des 6 membres du panel sont des dentistes et que les dentistes ne sont pas qualifiés pour évaluer les impacts sur la santé, à l’exception des affections buccales, et qu’ils ne sont pas non plus formés en méthodologie de recherche.

"Les dentistes éviteront la fausse représentation de leur formation académique, de présenter leurs qualifications et leurs compétences de manière fausse ou trompeuse." Code éthique de l’Association dentaire canadienne

Il est intéressant de noter que Santé Canada n’a pas daigné consulter le plus grand expert canadien en matière de toxicologie et d’efficacité du fluorure – le Dr. Hardy Limeback, DDS, PhD, directeur du Département de dentisterie préventive de l’Université de Toronto, membre du panel de révision du NRC (2006), chercheur et auteur en fluoration bien connu sur la scène internationale. Son expertise reconnue en la matière aurait ajouté beaucoup de crédibilité à ce panel.

Concernant les deux membres qui ne sont pas dentistes, aucun des deux n’a publié d’article scientifique sur le fluorure dans une revue scientifique avec comité de lecture, ce qui dénote un manque expertise. Le médecin membre de ce panel aurait dû être au courant des règlements ontariens sur la publicité relativement à la loi de 1991 sur les médecins (Advertising Regulations, Ontario Regulation 114/94, Part II, Section 6(2)), qui stipule que:

“L’information communiquée dans le sous-article (1) ne doit être ni fausse, ni trompeuse, ni mensongère, par inclusion ou omission d’information; ni contenir un témoignage ou comparaison ou énoncé exagéré, ni contenir de référence à un médicament en particulier…”

Tel qu’énoncé par le Dr. Philip Michael, vice-président européen de la Société internationale des médecins pour l’environnement:

“Une bonne évaluation des risques associés aux impacts physiologiques des fluorures exigerait le recours à une très ample expertise en matière de fluorose (dentaire & squelettique), en toxicologie développementale, en neuroscience (incluant les impacts sur le cerveau et l’intelligence), en endocrinologie (incluant les effets sur les glandes pinéale et thyroïde), en ostéopathologie (incluant le cancer des os), en néphrologie, en gastro-entérologie, en immunologie, dans l'étude du système reproducteur et du système respiratoire (incluant les allergies et hypersensibilités).”

Advenant le cas où la fluoration aurait été étudiée en profondeur, ces experts doivent exister au Canada et ils auraient dû participer à cet effort de révision. Si de tel experts sur la fluoration n’existent pas, on peut alors assumer que la fluoration artificielle de l’eau n’est pas une politique de santé qui a été bien évaluée et étudiée au Canada, et toute affirmation contraire est alors dépourvue de mérite:

“Considérant la longévité de cette mesure, nous avons beaucoup moins d’informations que prévu. Je crois que c’est la raison qui explique pourquoi la fluoration est encore remise en question depuis tant d’années et même depuis les tout débuts de cette pratique. Face à l’ignorance, la controverse prolifère.” Le président du Conseil national de la recherche scientifique (NRC) de 20006, “Second Thoughts About Fluoride” January, Scientific American, 2008.

“Jusqu’à ce que des études de haute qualité aient été menées pour fournir des données probantes plus définitives, une controverse scientifique légitime continuera d’exister sur les effets éventuels et les coûts de la fluoration de l’eau.” Président de la révision de York (2000)

 

Suppositions erronées dans l’évaluation du risque

Dans cette révision, l’évaluation du risque est basée sur une information  dépassée présentée par Dean et McClure qui date des années 1930 et 1940. L’évaluation du risque est également basée sur l’hypothèse fausse selon laquelle  l’exposition au fluorure par les aliments est la même aujourd’hui qu’en 1940, et ce malgré le fait que les données probantes et le texte de la révision énoncent que les sources de fluorure ont augmenté depuis. Les calculs basés sur de telles hypothèses erronées ne sont pas scientifiquement valides.

“Durant les années 1940 et 1950, la principale source de fluorure était l’eau potable et les aliments. Depuis ce temps, de nombreuses nouvelles sources de fluorure sont apparues, incluant les produits dentaires au fluorure (ex: les dentifrices et les rince bouche) et les suppléments alimentaires fluorés.” Santé Canada Sept 2009 Review

Un article récent publié en 2009 dans le Journal of Public Health Dentistry et écrit par un membre du Panel externe de Santé Canada soutient que: “Le niveau d’apport en fluorure n’est basé sur aucune évaluation directe entre cet apport et la fréquence ou la sévérité de la carie dentaire ou de la fluorose.”

“Cet estimé est largement basé sur les données d’origine présentées par McClure (2) durant les années 1930 et 1940s lorsqu’il n’existait pas de produits dentaire fluorés et que les connaissances des mécanismes de prévention de la carie par la fluoration étaient limités.”

“À cette époque, la majeure partie de l’apport en fluorure provenait de l’eau naturellement fluorée (McClure estimait cet apport à 67-94 pour cent), sans dentifrices fluorés, suppléments ou autre produits fluorés disponibles (2). De plus, à cette époque, on croyait que le fluorure devait être ingéré tôt dans la vie pour la prévention de la carie (1).”

Les recherches effectuées par Ziegelbecker en 1981,1 1993,2  et 2009 démontrent que les données initiales de Dean étaient scientifiquement frauduleuses.

Le livre de Sutton3 discute comment les données scientifiques des quatre premiers essais effectués en Amérique du Nord sont frauduleuses. Ce livre a par la suite été révisé par le professeur Maurice Betz, directeur du département de Mathématiques statistiques de l’Université de Melbourne et par Sir Arthur Amies, Doyen de la Faculté de Sciences dentaires de l’Université de Melbourne.

Éliminer les sources de fluorure présentes dans l’air, les aliments ou les produits de consommation est virtuellement impossible. Heureusement, l’élimination de la principale source de fluorure causant la surexposition est très facile à accomplir. Il suffit de cesser d’injecter du fluorure dans l’eau potable.

Références

1. Ziegelbecker R. Fluoridated water and teeth. Fluoride 1981;14:123-128.

2. Ziegelbecker R, Ziegelbecker RC. WHO Data on Dental Caries and Natural Water Fluoride Levels. Fluoride 1993;26(4):263-266.

3. Sutton PRN. Fluoridation Errors and Omissions in Experimental Trials. 1959

Melbourne University Press, Victoria, Australia

 

La méthode scientifique élémentaire n’a pas été respectée

Le cadre d’une révision scientifique exige le respect des procédures scientifiques élémentaires pour expliquer comment on a évalué chaque étude considérée, selon le mérite. Une explication claire doit être fournie relativement à la sélection ou au rejet d’une étude. Or, la révision de Santé Canada ne fournit aucune explication sur la sélection ou le rejet des études tirées de la littérature scientifique. C’est là le signe d’une méthode scientifique déficiente.

Plusieurs affirmations énoncées par les auteurs ne sont pas appuyées par les données probantes issues de la recherche scientifique. Cela est scientifiquement inacceptable et cela invalide ces affirmations.

“Depuis 1996 il y a eu une diminution globale de la fluorose au Canada.”

Aucune référence n’est fournie pour appuyer cette affirmation. Ensuite Santé Canada se contredit en énonçant le contraire, citant une étude non publiée:

“Durant les 55 dernières années, depuis l’ajout de fluorure à l’eau potable dans le but d’en augmenter la concentration à approximativement 1 mg/L (dans les zones à concentration optimale), on a vu une augmentation de la prévalence de la fluorose dentaire. De plus, dans les zones non fluorées, les données probantes indiquent clairement qu’il y a eu également une augmentation de la fluorose dentaire depuis 40 ans (Clark, 2006). 

Santé Canada a fait usage d’articles non publiés (ex: Clark 2006), tout en ignorant des articles publiés (ex: Clark et al 2006) par l’un des membres du panel de révision de Santé Canada. L’article en question, qui a été révisé par les pairs, démontre que l’eau artificiellement fluorée n’est pas sécuritaire, qu’elle double l’incidence de la fluorose dentaire tout en augmentant significativement l’incidence de la fluorose sévère, un signe visible d’intoxication au fluorure.

 

Manque d’objectivité

Puisqu’un large éventail d’études a été omis de la révision, et ce sans justification, on peut douter de l’objectivité du panel.

Le biais clairement affiché par les 6 individus sélectionnés pour le panel de la révision externe de 2008 est également troublant. Ceci remet en question l’objectivité de Santé Canada ainsi que le processus de sélection des membres du panel.

 

Deux poids deux mesures

Dans la révision, il n’y aucune discussion relativement à l’absence d’études épidémiologiques concernant l’efficacité de l’ingestion du fluorure. Ces études doivent se conformer aux normes scientifiques, incluant des études à grande échelle, aléatoires, en double aveugle et avec groupes de contrôle pour les “variables confusionnelles”, tel que cela a été discuté dans la révision de York 2000:

“Étant donné le niveau d'intérêt entourant la question de la fluoration de l'eau potable, il est surprenant de découvrir que si peu d'études de haute qualité aient été menées. Par conséquent, cette révision devrait fournir aux chercheurs et aux commissionnaires de la recherche un aperçu des limites méthodologiques de la recherche antérieure.”

La préoccupation du comité concernant le contrôle adéquat des variables confusionnelles est appliquée sélectivement et seulement dans le cas des recherches qui démontrent des effets néfastes pour la santé. Dans ce cas, des normes très élevées sont exigées. Cependant, des normes scientifiques minimales sont exigées pour démontrer l’efficacité de la fluoration artificielle de l’eau pour la prévention de la carie. C’est une position scientifique intenable qui relève de deux poids deux mesures et d’un biais de recherche.

 

Explications erronées de Santé Canada en réponse aux demandes

7 demandes concernant la fluoration artificielle de l’eau ont été adressées à Santé Canada et aux autres agences canadiennes via la loi sur le vérificateur général (article 22). Santé Canada a récemment admis avoir communiqué des informations erronées en réponse aux demandes émanant du bureau des demandes et des demandeurs.

 Ceci nous amène à poser les questions suivantes :

1. Combien de gens chez Santé Canada on-t-ils révisé ces informations erronées?

2. Combien d’employés de Santé Canada communique-t-ils des informations incomplètes et erronées au ministre de la santé?

 

Santé Canada dénature la révision du NRC 2006

1. “Ces études réalisées en Chine ont été revues aussi par d'autres organisations ou comités qui ont aussi mentionné l'incertitude de leur importance (PISC, 2002; ATSDR, 2003; NRC, 2006).” Révision de santé Canada 2009

• Santé Canada insinue que le panel du NRC 2006 a révisé les 23 études chinoises et d’ailleurs. Pourtant, la majorité de ces études n’ont été traduites en anglais et mises à la disposition du public nord-américain qu’en 2008, soit 2 ans après que la révision du NRC soit publiée.

2. “Le comité [du NRC] s'en est tenu aux études portant sur l'exposition à long terme à des concentrations de fluorure dans l'eau potable de l'ordre de 2 à 4 mg/L ou plus.” Révision de santé Canada 2009

• Cet énoncé de Santé Canada est faux. Le comité  a examiné un grand nombre d’études sur la fluoration artificielle de l’eau à une concentration de 1 mg/L.

Voir tous les tableaux du chapitre 2, chapitre 5: effets muscolo-squelettiques, tableau 5-1, tableau 5-2, tableau 5-5, chapitre 7: effets neurotoxiques, chapitre 8: effets endocriniens, figure 8-2, annexe B, tableaux B-11, B-12, B-13, B-14,  E, tableaux E-1, E-4, E-12, E-16, E-17.

• Ce commentaire est trompeur parce qu’il perpétue la désinformation ayant trait à la concentration et à la dose. Ce n’est pas la quantité de fluorure dans un litre d’eau (la concentration), mais bien la quantité de fluorure ingéré en une seule journée (la dose) qui est l’information requise dans l’évaluation correcte du risque.

3. “Les données scientifiques probantes n'appuient pas l'existence d'un lien entre l'exposition au fluorure dans l'eau potable à une concentration de 1,5 mg/L et quelque effet néfaste pour la santé que ce soit, y compris ceux qui concernent … la génotoxicité ou la neurotoxicité..”

La révision de Santé Canada 2009 présente des conclusions qui contredisent les conclusions de la révision qui fait le plus autorité à ce jour sur la génotoxicité et la neurotoxicité, soit la révision du NRC de 2006. Ignorer les conclusions de la révision du NRC 2006 tout en suggérant que se propres conclusions sont basées sur le “poids des données probantes” n’est pas crédible.

“Les tests de génotoxicité indiquent que le fluorure peut éventuellement causer des mutations et affecter la structure des chromosomes et du matériel génétique; affecter la réplication de l’ADN, la réparation et le cycle cellulaire; et/ou transformer et activer les souches cellulaires de culture pouvant causer des tumeurs lorsqu’elles sont implantées dans un animal hôte.p304, révision du NRC 2006

“En se basant sur les informations largement dérivées à partir de données histologiques, chimiques et moléculaires, il apparaît que les fluorures peuvent interférer avec les fonctions du cerveau et du corps par des moyens directs et indirects.” p187, NRC

“Les fluorures augmentent également la production de radicaux libres dans le cerveau par l’entremise de divers processus biologiques. Ces changements sont en lien avec la possibilité que les fluorures augmentent le risque de maladie d’Alzheimer” p186, révision du NRC 2006

4. “La fluorose squelettique constitue l'effet néfaste sur la santé le plus grave qu'on associe clairement à une exposition prolongée à de fortes concentrations de fluorure dans l'eau potable. La fluorose squelettique peut faire son apparition à des niveaux d'exposition très élevés et on l'a rarement documentée au Canada.” Révision de santé Canada 2009

• Santé Canada ignore les données probantes de la révision du NRC 2006 qui font autorité (tableau 2-4) et qui démontrent que les population sensibles nord-américaines sont exposées à des “niveaux d’exposition très élevés” à partir de l’eau potable seulement et que ces niveaux peuvent affecter la santé. Le fait que les conclusions et les données probantes du rapport du NRC 2006 aient été ignorées suggère que les conclusions de Santé Canada ne sont pas basées sur “le poids des données probantes”.

• Santé Canada ignore les données probantes de la révision du NRC 2006 (Chapter 8) qui démontre que les troubles de la glande thyroïde sont un effet néfaste associé aux concentrations les plus faibles de fluorure dans l’eau potable et à des doses minimales de fluorure. Chez les d’individus carencés en iode (pour un individu de 70kg), des effets néfastes ont été démontrés lors de l’ingestion d'une quantité aussi faible qu’un seul litre d’eau fluorée, en assumant une concentration de fluorure 0.7 mg/L.

“Chez les êtres humains, avec un apport en iode adéquat, les effets sur la fonction thyroïdienne sont associés à l’exposition au fluorure à une concentration de 0.05 à 0.13 mg/kg/jour; dans le cas de carence en iode, à une concentration de 0.01-0.03 mg/kg/jour.” p 218, révision du NRC 2006

À notre époque, les carences en iodes sont monnaie courante:

36% des femmes aux USA

70% des femmes en Australie

~ 50% des enfants en Europe

Australie, Allemagne, Nouvelle Zélande, Suisse

Les conclusions de Santé Canada selon lesquelles les troubles de la thyroïde, la neurotoxicité ou la cancérogénicité sont “moins sérieuses” que la fluorose squelettique, sont hautement controversées et fort probablement erronées. De plus, puisque Santé Canada n’a pas effectué la révision de la littérature scientifique sur les glandes thyroïde et pinéale, et a rejeté du revers de la main les données probantes sur la neurotoxicité et la cancérogénicité la fluorure, la discussion approfondie sur ces enjeux est absente.

 

Santé Canada dénature la position de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)

L’OMS n’a jamais officiellement endossé la fluoration artificielle de l’eau. En fait, l’OMS n’a aucun document de critères à cet effet. Santé Canada suggère que l’OMS a adopté une position de principe sur la fluoration de l’eau

et cite un document écrit par des consultants en santé dentaire:

“Selon le Rapport sur la santé bucco-dentaire dans le monde de 2003, lorsque techniquement faisable et culturellement acceptable, la fluoration de l’eau offre des avantages considérables de santé publique.”

Le Chef du service médical de Santé Canada affirme dans un article de presse (Carstairs Courier, 8 août 2008):

“Plusieurs gouvernements et organisations sanitaires, incluant ... l’Organisation mondiale de la santé endossent la fluoration de l’eau potable pour prévenir la carie dentaire.”

Il faut noter que l’OMS a clairement précisé ne pas être responsable des affirmations émises par ses nombreux consultants.

Les critères sanitaires et environnementaux de l’OMS 36, 1984, sont les suivants:

“Ce rapport contient les points de vus collectifs d’un groupe international d’experts qui ne représentent pas automatiquement les décisions ou politiques du Programme des Nations Unies pour l’environnement, de l’Organisation internationale du travail ou de l’Organisation mondiale de la santé”

 

Santé Canada sème la confusion entre concentration et dose

Le panel de révision continue de perpétuer la confusion, pourtant élémentaire, entre la concentration et la dose de fluorure. Il est vrai que les ingénieurs peuvent contrôler la concentration du fluorure (fluorure par litre d’eau) injecté dans l’eau potable, mais personne ne peut contrôler la dose qu’une personne ingère quotidiennement, car la dose dépend de la quantité d’eau consommée et de la quantité cumulée de fluorure à partir de toutes les autres sources (eau potable, boissons, nourriture, air, plus de 300 médicaments, etc.). Le dose aura un effet différent, selon l’âge, le poids et la condition médicale de l’individu. Nous savons que la dose varie considérablement (voir le révision du NRC 2006, tableau 2-4) et que certains individus consomment en moyenne 10 fois plus de fluorure que d’autres en buvant de l’eau seulement. Il est évident qu’il est impossible de contrôler la dose de ce médicament non homologué et encore moins de faire le suivi médical des effets sur une base individuelle. Cela constitue une véritable préoccupation pour les Canadiens.

Le panel de révision fait preuve de confusion lorsqu’il affirme que les études sur l’intelligence (QI) menées en Chine se réfèrent à des concentrations bien supérieures aux concentrations canadiennes et qu’elles ne sont donc pas pertinentes. Cela est incorrect.

Par exemple, dans l’une des 23 études publiées, les auteurs ont trouvé une diminution de 5 à 10 points de QI en comparant les enfants d’un village fluoré sous les 0.7 ppm et un deuxième village fluoré de 2.5 à 4.5 ppm. Les auteurs estiment par ailleurs que la réduction du QI devrait être perceptible à 1.9 ppm.

Un membre du panel de révision externe de Santé Canada, qui a également participé à une révision interne de Santé Canada (Tardiff 2006), note qu’il existe des données probantes et des préoccupations concernant “l’impact du fluorure endémique sur intelligence (effets cognitifs) qui semblent se produire à des concentration faibles de fluorure (moins de 1 ppm).” Ces données, qui émanent pourtant du processus de révision de Santé Canada, ont été ignorées par Santé Canada. Or, un enfant buvant deux litres d’eau (la recommandation actuelle de Santé Canada) à 1 ppm de fluorure, ingère une dose supérieure à celui qui boit un litre à 1.9 ppm. Il est par conséquent erroné d’affirmer que cette étude n’est pas pertinente pour le Canada.

 
Omissions

Le panel de Santé Canada omet des études publiées

L’omission d’études récentes et pertinentes par trois membres du panel extérieur de Santé Canada (Kumar, Clark, Levy), études démontrant que le fluorure artificiel n’est ni sécuritaire ni efficace, indique clairement que ce processus de révision n’est pas objectif.

 Quatre exemples sont présentés:

Un article scientifique récent publié dans le Journal of Public Health Dentistry par l’un des membres du panel de Santé Canada affirme: “Ces découvertes suggèrent que l’absence de la carie dentaire est faiblement liée à l’ingestion de fluorure, contrairement à la fluorose qui est incontestablement liée à l’ingestion de fluorure.” Les auteurs ajoutent: “Les données probantes actuelles suggèrent fortement que les fluorures agissent principalement de manière topique, lors d’un contact direct avec les dents et la plaque dentaire. Par conséquent, l’ingestion de fluorure n’est pas essentielle à la prévention de la carie."

Deux articles scientifiques publiés par une membre du panel de révision de Santé Canada (Kingston-Newburg trial – 50 years later) démontrent qu’il n’y a aucun bénéfice à tirer de la fluoration artificielle de l’eau. L’étude de 2009 indique que les 7 à 17 ans ont un taux de carie dentaire similaire, peu importe que l’eau soit fluorée ou non (voir tableau 1).

Un article scientifique récent publié par un autre membre du panel de révision de Santé Canada a analysé trois communautés de la Colombie-Britannique (Courtenay, Comox et Campbell River) qui ont mis fin à leur programme de fluoration. On a trouvé une “diminution marquée” du taux de fluorose (de 58% à 24%) et de la sévérité de la fluorose dentaire - “comme prévu”. Les coûts sociaux et de réparation de la fluorose dentaire sont considérables.

Les articles scientifiques non publiés de Tardiff (2006, 2007), membre du processus interne de révision, soulèvent des préoccupations qui sont souvent ignorées par la révision de Santé Canada. Par exemple, Tardiff mentionne “l’impact du fluorure endémique sur l’intelligence (effets cognitifs) qui semble se produire à des concentrations faibles de fluorure (moins de 1 ppm).”

 

Omission de faits substantiels

Les raisons principales qui expliquent pourquoi les effets sur la santé, autres que la fluorose dentaire, sont peu rapportés en Amérique du Nord, sont les suivantes:

• En Amérique du Nord, aucune école médicale n’enseigne aux médecins à diagnostiquer ou à traiter les cas de fluorose squelettique ou des tissus mous. C’est précisément pour cette raison qu’un Stage sur la fluorose, destiné aux enseignants des facultés médicales et des écoles dentaires des pays développés (18 au 22 janv. 2010, Delhi, Inde) est désormais offert.

• Au Canada, aucun laboratoire commercial n’effectue de tests de mesure de la concentration du fluorure sanguin, salivaire ou dans les autres tissus humains.

• Des chercheurs qui ont publié des résultats indiquant des effets néfastes sur la santé ont perdu leur financement et leur emploi (ex: le Dr. Mullenix).

• Des scientifiques travaillant pour des agences gouvernementales ont été congédiés parce qu’ils ont soulevé des préoccupations sur ce problème (ex: le Dr. Marcus, toxicologiste de l’US EPA).

• Nombreuses sont les révisions qui ont un biais favorable à la fluoration – incluant la révision de Santé Canada – et qui ignorent les données probantes contraires à leur position ou conclusions, cela sans justification.

En 1991, le coût per capita des enfants ayant besoin de soins dentaires (CINOT) de Thunder Bay (non fluoré) était de $1.60. Ce coût était de $7.06 à Toronto (fluoré). (Hettenhausen Extraordinary Dental Health in Thunder Bay. Dental Bites)

Un recherche récente démontre que les citoyens de la ville de Portland en Oregon (non fluoré) ont dépensé moins ($176 par an par personne) en soins dentaires que ceux de Vancouver dans l’État de Washington ($180 par an par personne).

Un rapport récent de la ville d’Oshawa (fluoré) a trouvé que le taux de carie dentaire est très élevé dans les quartiers défavorisés de la ville. S’il était vrai (tel que l’affirment les promoteurs de la fluoration) que la fluoration artificielle de l’eau prévient la carie chez les plus pauvres, un taux aussi élevé de problèmes de santé dentaire ne devrait pas se produire de manière aussi marquée dans ces quartiers.

Face à de telles données, toute affirmation à l’effet que la fluoration artificielle de l’eau prévient la carie chez les personnes démunies n’est pas très convaincante. Les affirmations d’efficacité de coût sont également peu convaincantes. Toute révision qui ignore de telles données probantes allant à l’encontre de la conclusions prévue, et sans fournir de justification, ne saurait être prise au sérieux.

 

Omission de recherches publiées et disponibles (voir l’addendum)

Par conséquent et contrairement à ce qui est affirmé, le document préliminaire sur le fluorure NE PRÉSENTE PAS un portrait fidèle du “poids des données probantes issu de toutes études actuellement disponibles”. Les conclusions basées sur une telle utilisation sélective de la littérature scientifique sont donc hautement suspectes. On n’y fournit d’ailleurs aucune justification expliquant les raisons de l’exclusion de ces nombreuses études de la littérature scientifique. En ce qui concerne la sûreté des produits chimiques de fluoration, étant donné la quasi inexistence des recherches portant sur les produits chimiques actuellement utilisés, les conclusion présentées sont au mieux de la pure spéculation. Dans le document préliminaire :

1. Il n’y a aucune révision relative aux produits chimiques actuellement injectés dans l’eau potable (les fluorosilicates).

2. Il n’y a aucune révision relative à la substitution du fluorure de sodium par des fluorosilicates artificiels de fabrication industrielle, et ce sans la connaissance du public et sans le consentement éclairé de ceux-ci. Dans le jargon légal, ce processus est dénommé “publicité appât et substitution” ou  “publicité-leurre”, généralement connu comme “publicité mensongère” ou “fausse représentation“.

3. Il n’y a aucune révision relative à l’énorme éventail des recherches humaines discutées dans la révision du NRC de 2006 (Chapitre 8), ni sur les fonctions des glandes endocrines (ex : thyroïde, pinéale, etc.).

4. Il n’y a aucune révision relative aux impacts environnementaux. L’acide hydrofluorosilicique (et les silicofluorures) sont des matières reconnues dangereuses et tous les fluorures inorganiques sont des substances toxiques.

5. Après 60 ans d’appui à la fluoration, Santé Canada n’a toujours pas homologué les médicaments fluorés que constituent les fluorures couramment injectés dans l’eau potable, ni entrepris de mesure de suivi pour déterminer s’il existe des effets secondaires.

6. Il n’y a aucune révision relative au principe médical exigeant d’obtenir le consentement éclairé lors de l’administration d’un médicament (ex: Health Care Consent Act 1996, Ontario).

7. Il n’y a aucune révision relative à la pertinence d’utiliser l’eau potable en tant que véhicule de distribution d’un médicament non homologué.

8. Il n’y a aucune révision relative à la mise en garde émise par Santé Canada qui stipule qu’il faut éviter d’avaler le fluorure, car il ne s’agit pas d’un élément essentiel. “Santé Canada considère que le fluorure n’est pas un nutriment essentiel.” Réponse #22; & "Santé Canada ne recommande pas l’utilisation des suppléments fluorés (gouttes ou comprimés).”

9. Il n’y a aucune révision relative aux études décisives ayant mené à la cessation de la fluoration dans plusieurs pays européens.

10. Il n’y a aucune révision relative aux révisions antérieures qui arrivent à des conclusion opposées 

11. Il n’y a aucune révision relative aux études portant sur l’arrêt de la fluoration artificielle de l’eau.

12. Il n’y a aucune marge de sécurité sensée lors de l’emploi des produits chimiques de fluoration. “Bien que les doses de référence (RfD) des autres substances tiennent compte des facteurs tels que les variations populationnelles, la dose de référence du fluorure n’incorpore aucun facteur d’incertitude, ni aucun facteur modificatif.” p 84, NRC 2006

 

Conclusion

Il appert que Santé Canada a mis sur pied un panel qui n’a pas l’expérience requise pour évaluer l’efficacité et la sécurité de la fluoration artificielle de l’eau. Ainsi, quatre (4) dentistes ont été sélectionnés pour évaluer les effets sanitaires liés à l’ingestion d’un médicament (le fluorure) jamais homologué. Un tel exercice dépasse clairement leur champ d’expertise et cela constitue une violation du code d’éthique de l’Association dentaire canadienne. En ce qui concerne les deux (2) autres membres du panel, aucun d’eux n’a publié un seul article scientifique sur le fluorure, ce qui dénote également un manque d’expertise en la matière.

Comment ce panel d’ "experts" a-t-il été constitué?  Et selon quels critères?

Dans ce document de révision, Santé Canada a permis que l’information soit utilisée de façon “fausse, trompeuse ou mensongère, par inclusion ou par omission de tout type d’information”. Advenant le cas où le Ministère de la santé ferait le choix de permettre que l’on continue (et à répétition) de faire mauvais usage de ces informations, cela pourrait être perçu comme un effort délibéré de la part de Santé Canada pour désinformer les contribuables canadiens.

Au lieu de continuer à appuyer une politique controversée dont l'efficacité et la sécurité n'ont jamais été démontrées, les gouvernements fédéral et provinciaux pourraient plutôt aspirer à jouer un rôle constructif en matière de santé dentaire. Ils pourraient, par exemple, songer à établir un programme d’assurance en santé et hygiène dentaire destiné à combler les lacunes actuelles de la couverture offerte par les régimes d’assurance du secteur privé. Cela constituerait une avancée particulièrement efficace et éthique pour les quelque 20 % des Canadiens qui n’ont pas accès aux soins dentaires.